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Bulletin CMS - Décembre 2026
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Mars 2026 - Lʼexplosion Cambrienne nʼaurait pas eu lieu
Lʼexplosion Cambrienne nʼaurait pas eu lieu
Je vous livre ici la transcription dʼun article publié en 2023 dans la revue pour la science par
Rachel Wood qui est paléontologue et géologue à lʼuniversité dʼEdinbourg.
Source : Article, lʼaube de la faune, par Rachel Wood, Revue pour la science, Hors-série N°
120, Aout 2023
Résumé : Les chercheurs ont longtemps pensé que les animaux complexes étaient apparus
au cours de lʼexplosion du vivant survenu au Cambrien, il y a environ 540 millions dʼannées.
Mais de plus en plus de fossiles, suggèrent quʼen réalité, ils ont émergés des millions
dʼannées auparavant, durant LʼEdiacarien. De nouvelles techniques pour reconstituer la chimie
des anciens océans, ont livré des indices sur les pressions environnementales à qui lʼon doit
cette diversification primitive.
Corps de texte :
Dans lʼhistoire de la vie, la date de 541 millions dʼannées est marquée dʼune pierre blanche,
car elle correspond à un évènement des plus important de lʼévolution : lʼexplosion du
Cambrien. Des décennies durant, les chercheurs y ont vu lʼorigine des animaux complexes,
multicellulaires, aux tissus différenciés. De fait, une profusion de formes nouvelles, à vue le
jour à cette période, dont les ancêtres de beaucoup des groupes majeurs actuels.
Auparavant, la vie nʼaurait été que fantomatique, faite dʼorganisme simple, vraiment ?
Dʼabord, en 2023, Thomas Servais, de lʼuniversité de Lille, et ses collègues ont révélé quʼen
fait de brusque radiation, la diversification des premiers animaux dans les océans au
Cambrien, se serait plutôt étalé sur 100 millions dʼannées. Ensuite, dʼautres découvertes
montrent que les animaux complexes, notamment les plus anciens organismes dotés de
squelettes interne et externe, seraient en réalité apparus plusieurs millions dʼannées avant,
lors de lʼEdiacarien*. Ainsi, les pressions écologiques et environnementales supposées avoir
présidés à lʼexplosion cambrienne, étaient déjà à lʼœuvre bien avant. Reste à les
comprendre…
*Ediacarien : Cʼest la troisième et dernière période du Néo protérozoïque, et la dernière de tout le Précambrien. Il s'étend de −635 à
−541 Millions dʼannées. Le nom « Édiacarien », transcrit de l'anglais Ediacaran, fait référence aux collines Ediacara, au sud de
l'Australie, où des fossiles très particuliers ont été retrouvés en 1946 par Reginald C. Sprigg et étudiés dans les années 1950 par Martin
Glaessner. Glaessner a d'abord pensé qu'il s'agissait de formes primitives d'animaux tels que des vers ou des coraux. Pendant les
décennies suivantes, beaucoup d'autres fossiles précambriens ont été découverts en Australie, mais également dans la zone de
la mer Blanche, en Russie, dans le sud-est de l'Afrique et dans l'est de Terre-Neuve (dont la péninsule d'Avalon a donné le nom
d'explosion d'Avalon). Historiquement, le nom a été utilisé de diverses façons puis a été ratifié en 2004 par l'IUGS. Ce système a
antérieurement été nommé Vendien ou parfois Néo Prot-III.
Un premier pas pour lʼanimal
Le plus ancien témoignage dʼanimaux nʼest pas un fossile, mais des restes de composés
organiques, des biomarqueurs. Ainsi il y a une dizaine d ‘années, des géologues ont
découvert à Oman une forme particulière de stérane** (une molécule complexe à quatre
cycles) dans des sédiments vieux de 650 millions dʼannées, ces stéranes seraient
caractéristiques dʼun certain groupe dʼéponge. Cependant, une étude de 2019 propose que
ces molécules soient plutôt les vestiges dʼun groupe dʼamibes unicellulaires. Impossible de
trancher.
**Le stérane est un alcane quadricyclique, constitué des trois cycles à 6 atomes, notés A, B et C, et d'un cycle à 5 atomes noté D.
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