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Bulletin CMS - Décembre 2026
Les dérivés du stérane sont simplement appelés stéranes, ils sont parfois utilisés comme biomarqueurs de la présence de cellules
eucaryotes
Les éventuels fossiles dʼanimaux les plus anciens, mis au jour dans le sud de la Chine,
remonteraient à 635 millions dʼannées. Mais eux aussi sont contestés, de même que leur âge.
Ces minuscules formes à corps mou, dont les structures évoquent des tentacules, ont-elles un
lien de parenté avec les coraux ou les méduses ? La piètre conservation de ces vestiges
empêche de conclure.
Les restes dʼanimaux les plus anciens faisant consensus sont des fossiles de Terre-Neuve,
âgés dʼenviron 571 millions dʼannées. Ces animaux vivaient donc peu après la dernière
glaciation de type boule de neige*.des organismes à corps mou, mesurant jusquʼà 1 mètres
de hauteur ou de largeur, dominait cette faune ediacarienne.
*la glaciation dite boule de neige est un modèle décrivant la Terre comme presque entièrement couverte de glace à certaines
périodes de son histoire. Originellement conçu pour représenter le Cryogénien (-720 à -635 Millions dʼannées), ce modèle a
ensuite été appliqué à la glaciation Huronienne (- 2,4 à –2,1 milliards dʼannées) et, au sein du Cryogénien, plus précisément
aux glaciations Sturtienne (-730 à -650 Millions dʼannées) et Marinoenne (- 650 à - 635 Millions dʼannées)
Certains avaient la forme de grandes plumes, ancrée au fond marin. Dʼautres sʼétendaient sur
le sol océanique, leur corps plat montrant une architecture fractal. Tous ces plans
dʼorganisation maximisent la surface, ce qui suggère que ces animaux absorbaient des
nutriments prélevés dans lʼeau environnante.
Cette faible diversité a prévalu pendant plus de 10 millions dʼannées avant que le cours de
lʼévolution animale nʼaccélère pour mener à des formes mobiles qui peuplaient les mers peu
profondes. Des fossiles conservent des marques sʼéraflures qui laissent entendre que ces
animaux broutaient des algues. Les premières galeries apparaissent aussi à cette époque,
signe que les animaux avaient commencé à se mouvoir.
Les plus anciens fossiles révélant des squelettes externe et interne apparaisent soudain dans
des roches calcaires vieilles de 550 millions dʼannées dans des lieux aussi éloignés que la
Sibérie, le Brésil et la Namibie. Cette ubiquité témoigne dʼune force évolutive majeure. Or
fabriquer un squelette est couteux en énergie. Aussi pour quʼun animal se lance dans une telle
entreprise, les bénéfices doivent surpasser les coûts. Les raisons susceptibles de favoriser
lʼémergence de squelette sont nombreuses, mais la principale, est de loin, le besoin de se
protéger des prédateurs. Bien quʼil nʼexiste pas de preuves fossiles, lʼapparition de squelettes
serait donc la première manifestation du fait que les animaux en mangeaient dʼautres.
Récifs et compagnie
Des analyses récentes de ces anciens squelettes ont esquissé un portrait de la faune de
cette époque. Avec son délicat squelette tubulaire qui mesurait jusquʼà 70 millimètres de long
et ressemblait à un empilement de cornets de glace, Cloudina*, espèces aujourdʼhui
disparue, occupe une place à part dans la reconstitution des écosystèmes de lʼEdiacarien.
Longtemps on a pensé que cet organisme découvert en Namibie en 1972 sʼétait développé
fixé au fond marin. Mais de nombreux spécimens ont changé se point de vue. Avec mon
équipe, nous avons notamment montré que cloudina croissait parfois en agrégats : lʼespèce
serait lʼun des plus anciens animaux constructeurs de récif !
*Cloudina est un genre éteint de métazoaires primitifs de la période de l'Édiacarien. Le nom du genre a été donné en l'honneur
du géologue et paléontologue Preston Cloud par Gerard J. B. Germs en 1972
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